Faisons un rêve

Jérôme Porier a écrit un article du journal Le Monde en novembre 2017, il est paru également dans le journal écologiste Biosphère. Nous vous le laissons découvrir.

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2017/11/13/imaginons-la-france-en-lan-2100-reve-ou-cauchemar/

 

Imaginons la France en l’an 2100, rêve ou cauchemar ?

Nous sommes en 2100, imaginez la France telle qu’elle pourrait être. Vos propres prévisions sont les bienvenues dans l’espace commentaire de ce blog. Nous vous demandons seulement de ne pas dépasser 2400 caractères, comme cette première vision (radieuse) d’un journaliste du MONDE, Jérôme Porier :

« Faisons un rêve. Nous sommes en  2100 et, ce matin, le soleil est radieux. Aucune trace de pollution, l’air est aussi pur qu’en montagne. Il faut dire que la production d’énergie à partir d’énergies fossiles est interdite depuis plus de cinquante ans. Quand les centrales nucléaires ont été mises au rancart, il a fallu que chaque village s’équipe de panneaux solaires et d’éoliennes. Prendre ce virage était d’autant plus nécessaire que toutes les voitures (sans pilote) roulaient depuis longtemps à l’électricité. Le monde de la distribution a, lui aussi, beaucoup changé. Le circuit court est devenu la règle, et il ne viendrait à personne l’idée de manger des fraises en hiver. Le rapport de force entre paysans et distributeurs s’est inversé. Ces derniers ont l’obligation de privilégier les productions locales. Bien plus tard, les effets bénéfiques de cette mesure se sont fait pleinement sentir lorsque la prévalence des cas de cancer a diminué, ce qui a permis de sauver la Sécurité sociale. Biocoop, première multinationale du bio, a fini par acheter Carrefour en émettant des « green bonds » (émissions obligataires destinées à financer des projets environnementaux). Il faut dire que les grands groupes n’arrivaient plus à attirer les jeunes diplômés dans leurs open spaces, une organisation du travail datant d’un autre siècle. Depuis cinquante ans, la plupart des entreprises créées en France sont des coopératives. Les jeunes apprécient leur mode de fonctionnement : gouvernance collégiale, élection des dirigeants, écarts de salaire limités, pas d’actionnaires à rémunérer… Ce qui est chouette, c’est que plus personne ne dort dans la rue. Des entreprises d’insertion permettent aux exclus de reprendre pied sur le marché du travail. C’est la solution la moins coûteuse pour la société.

Comment cela a-t-il été possible ? Depuis 2020, tous les distributeurs de produits financiers ont dû en proposer une version solidaire. Des milliards d’euros ont irrigué les canaux de l’économie sociale et solidaire, qui est -devenue le modèle dominant. Chaque hiver, les historiens rappellent que, à une époque pas si lointaine, on laissait encore des gens mourir de froid et d’indifférence. Pour leur rendre hommage, un monument a été élevé à Saint-Denis, cœur du Grand Paris, où réside le gouvernement. Sur une plaque est gravé : En mémoire des victimes d’une époque de grande barbarie. » (LE MONDE argent &placements du 10 novembre 2017, L’économie du futur)

 

Article publié par Vivier • Publié Mercredi 25 juillet 2018 • 111 visites

keyboard_arrow_up